Pour certaines personnes, être à l’heure paraît naturel, et ne demande pas beaucoup d’effort.

En ce qui me concerne, en tant que Suissesse, j’ai à cœur de continuer à véhiculer le préjugé « les Suisses sont à l’heure » 😉
Cela dit, cela me demande quelques efforts. Je suis du genre à me dire « oh, je finis encore juste ça, ça ne prendra pas beaucoup de temps »… et à me retrouver en train de courir cinq minutes plus tard.
Puis j’ai eu des enfants. Et là, j’ai réalisé qu’il fallait compter le double de temps de préparation pour partir — et faire avec les imprévus du genre « oh non, il a vomi, je dois nettoyer » ou encore le fameux « aaaah, je viens de lui mettre sa veste et il fait caca dans sa couche ! ».
Heureusement, avant d’avoir des enfants, j’avais déjà élaboré une manière d’être à l’heure. Je l’ai simplement adaptée avec leur arrivée.
Vous êtes curieux·se ? Voici comment je procède.
La base : décomposer le trajet en étapes
L’erreur la plus courante, c’est de penser uniquement au temps de trajet — et d’oublier tout ce qui vient avant et après.
Pour illustrer ma méthode, je vais prendre un exemple concret : vous avez rendez-vous chez un médecin que vous ne connaissez pas. Deux scénarios : en transports publics, ou en véhicule personnel.
En transports publics
La veille, vous recherchez l’itinéraire complet : quels bus ou trains prendre, sur quels quais, à quelles heures, avec quelles correspondances. Vous notez tout.
👉 Ce qu’on oublie souvent de comptabiliser :
- Le temps pour aller de chez vous jusqu’à l’arrêt ou la gare
- Le temps entre l’arrêt d’arrivée et le cabinet du médecin
- Une marge pour les retards éventuels des transports
Le jour J, vous partez en fonction de l’horaire du transport — et non pas en fonction de l’heure du rendez-vous. C’est un changement de perspective tout simple, mais très efficace.
En véhicule personnel
La veille, vous notez le temps de trajet estimé (via Google Maps ou similaire) et l’itinéraire. Quelques points auxquels penser :
- ♣ Si vous connaissez bien le trajet : attention au biais du « j’y vais souvent, je sais combien de temps ça prend ». On a tendance à sous-estimer, surtout aux heures de pointe.
- ♣ Si vous habitez proche : paradoxalement, plus on est proche, plus on a tendance à être en retard. On se dit qu’on a largement le temps, on reporte le départ… et on arrive juste ou trop tard. Prévoyez quand même une marge.
- ♣ Le stationnement : trouver une place peut prendre 5, 10, voire 15 minutes selon l’endroit. C’est un temps à intégrer systématiquement dans vos calculs.
La règle d’or : toujours prévoir une marge
Quelle que soit la situation, intégrez toujours dans votre calcul un temps tampon pour les imprévus. Selon la complexité du trajet et les circonstances, comptez entre 10 et 20 minutes supplémentaires.
Pourquoi ? Parce que les imprévus font partie de la vie. Un feu rouge de plus, un ascenseur en panne, un enfant qui renverse son verre de lait au moment de partir — tout ça arrive. Et si finalement tout se passe bien, vous arriverez en avance. Ce n’est pas une catastrophe : vous pouvez souffler, regarder votre téléphone, ou simplement profiter d’un moment calme avant votre rendez-vous. 😊
Avec des enfants : doubler les estimations
Si vous avez des enfants à emmener, la règle est simple : comptez au moins le double du temps de préparation habituel.
Quelques réalités de parent qu’on apprend souvent à ses dépens :
- L’enfant qui « était prêt » il y a deux minutes a mystérieusement disparu.
- La couche propre mise à la dernière minute sera salie dans les 30 secondes.
- Les chaussures introuvables se trouvaient sous le canapé depuis hier.
- Il faut toujours prévoir le trajet supplémentaire jusqu’à l’école ou la crèche si vous les déposez avant votre rendez-vous.
Une astuce qui change la vie : préparez la veille tout ce qui peut l’être. Le sac, les vêtements posés sur la chaise, les chaussures près de la porte. Le matin, vous n’avez plus qu’à exécuter — pas à chercher ni à décider.
Et si, malgré tout, vous êtes en retard ?
Cela arrive. Même avec la meilleure organisation du monde, il y a des jours où rien ne se passe comme prévu.
Dans ce cas, trois choses :
Prévenez dès que possible. Un message ou un appel rapide pour signaler votre retard, même de cinq minutes, est toujours apprécié. Cela montre que vous respectez le temps de l’autre — et cela désamorce souvent la situation.
Ne faites pas d’excès de vitesse. Arriver en retard est gênant. Avoir un accident est bien pire. Si vous êtes en voiture, roulez normalement — quelques minutes de retard supplémentaires ne changent pas grand-chose.
Soyez bienveillant·e envers vous-même. Être en retard une fois ne fait pas de vous une personne irresponsable. L’autocritique excessive ne sert à rien, si ce n’est augmenter votre stress. Respirez, prévenez, et avancez.
En résumé : la méthode en 4 étapes
1. La veille : recherchez l’itinéraire complet, notez tous les temps de trajet (du départ à l’arrêt, de l’arrêt à destination, stationnement inclus si nécessaire).
2. Calculez votre heure de départ en remontant depuis l’heure du rendez-vous : heure d’arrivée souhaitée → temps de trajet → temps de préparation → heure de départ.
3. Ajoutez une marge de 10 à 20 minutes selon la complexité et les aléas possibles.
4. Avec des enfants, doublez le temps de préparation et préparez un maximum la veille.
Être à l’heure, ce n’est pas une question de don naturel. C’est une question d’anticipation — et surtout d’honnêteté avec soi-même sur le temps que les choses prennent vraiment. Avec un peu de pratique, ça devient une habitude. Et une source de sérénité, plutôt que de stress. 😊
